
Les chasses aux sorcières ne se sont pas éteintes avec les bûchers.
20 € TTC · Prix de lancement
Prix public : 24,50 €.
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« L’un des meilleurs livres de l’année. »
The New Yorker
« Stimulant et brûlant d’actualité. »
The Times
Sept femmes face à un inquisiteur
Innsbruck, 1485. Sept femmes attendent leur procès dans les cellules de l’hôtel de ville. L’inquisiteur Heinrich Kramer entend faire de leur condamnation la preuve de ses théories sur le diable. Mais sur quoi reposent les accusations ? Que disent réellement les témoins ? Et comment se défendre lorsque celui qui vous interroge croit déjà connaître vos crimes ?
Cette affaire ouvre Chasse aux sorcières. Marion Gibson y reconstitue treize procès, avec leurs protagonistes, leurs rebondissements et leurs verdicts. On rencontre les accusées de North Berwick, en Écosse, puis celles de Vardø, aux confins de la Norvège. À Salem, on suit Tatabe, une esclave prise dans la tourmente. En France, l’affaire de la Toulonnaise Marie-Catherine Cadière, aux prises avec son confesseur en 1731, révèle un autre visage de la persécution.
Comment la justice fabrique un coupable
Un malheur, un conflit de voisinage, une rumeur. Des paroles anciennes deviennent des menaces, un geste anodin prend valeur de preuve. En revenant aux archives, Marion Gibson montre comment les interrogatoires orientent les récits et comment les aveux peuvent finir par confirmer les convictions de ceux qui les exigent. Le procès ne se contente plus de juger une accusation : il lui donne corps.
L’historienne restitue aussi ce que les dossiers judiciaires laissent entrevoir des vies ordinaires : les métiers, les croyances, les rivalités, la pauvreté, les espoirs de guérison. Derrière la figure de la sorcière réapparaissent des personnes, pour la plupart des femmes, que la postérité a effacées alors qu’elle retenait le nom de leurs persécuteurs. Certaines résistent, contestent, trouvent des soutiens. Toutes ces affaires ont leur histoire propre.
Les bûchers disparaissent, l’accusation demeure
Le livre poursuit son enquête bien au-delà de l’Inquisition et de Salem. Dans la Grande-Bretagne de la Seconde Guerre mondiale, une médium comparaît encore sous le régime d’une loi sur la sorcellerie. Dans plusieurs pays d’Afrique, les accusations de sorcellerie continuent de provoquer des violences. Et dans la vie politique et médiatique, l’expression « chasse aux sorcières » sert désormais à dénoncer une persécution, parfois à la revendiquer pour soi.
Marion Gibson suit ces transformations sans confondre les époques ni les situations. En treize récits que l’on lit comme des affaires criminelles, elle éclaire la place de la peur, des croyances et du pouvoir dans la désignation d’un coupable. Une histoire documentée et vivante, qui donne toute sa profondeur à une expression que l’on emploie souvent sans en mesurer l’héritage.
Extrait — Pourquoi avouaient-elles ?
Dans l’introduction, Marion Gibson montre comment la pression des interrogatoires pouvait transformer la parole des accusées.
Dans tous les cas, lorsque les accusées étaient arrêtées et traînées devant le prêtre ou le juge, il n’était pas rare qu’elles avouent pratiquer la sorcellerie, ou du moins qu’elles reconnaissent croire à la magie. Chacune avait ses propres croyances sur les sorcières et la magie, souvent très différentes de ses interrogateurs. Si on la laissait parler librement, elle évoquait plus volontiers des charmes de guérison que des malédictions, disait avoir interagi avec des esprits flous plutôt qu’avec des démons, et racontait des histoires de pactes avec des fées ou des fantômes au lieu de décrire un culte satanique. Mais, sous la pression, son récit finissait le plus souvent par s’aligner sur celui de ses accusateurs, jusqu’à devenir suffisamment crédible pour justifier une condamnation.
Marion Gibson, Chasse aux sorcières, extrait de l’introduction, p. 12–13, FYP Éditions.Poursuivre la lecture de l’extrait
Dans certains territoires, les accusées étaient soumises à la torture. La pratique étant légale dans une grande partie de l’Europe, des instruments étaient spécialement conçus à cet effet. Une personne torturée pouvait avouer n’importe quoi : des assemblées de sorcières, l’adoration du diable, des orgies, la profanation de tombes, des infanticides, la prétendue capacité de s’envoler, ainsi que des actes sanguinaires, comme manger des nourrissons. Les propres obsessions des interrogateurs — sur ce qu’ils jugeaient maléfique, interdit ou tabou — orientaient leurs questions, et donc les aveux. Même là où la torture était interdite, l’accusée de sorcellerie se retrouvait intimidée par les autorités qui l’interrogeaient : prêtres et juges, seigneurs et rois. Ordinairement, ces hommes ne prêtaient guère attention à des femmes comme elle ; cette dernière leur disait alors ce qu’ils voulaient entendre. Elle pouvait être rudoyée, victime d’intimidation et de menace. Dans certains lieux, la privation de sommeil — qui n’était pas considérée comme une forme de torture — était autorisée. Sous de telles pressions, elle pouvait finir par exhumer de sa mémoire quelques charmes qu’elle avait utilisés, évoquer des accès de colère contre tel marchand, ou des propos malveillants contre telle fermière.
Chasse aux sorcières — 20 € TTC au prix de lancement
Treize procès pour comprendre comment naissent les persécutions.
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Chasse aux sorcières. Une histoire de la sorcellerie en treize procès, de l’Inquisition à nos jours
Traduit de l’anglais
Livre broché · 304 pages · 15 × 22 cm
ISBN 978-2-36405-259-8 · FYP Éditions
Parution en librairie le 11 septembre 2026 · Prix public : 24,50 €
