Testostérone.Toute la vérité sur l’hormone qui nous définit et nous divise
Carole Hooven

« Carole Hooven démontre de manière convaincante le rôle puissant qu’exerce la testostérone sur le corps et le cerveau. Un livre indispensable pour nous sortir de l’ornière idéologique sur le genre. » The Times

288 pages

«Au milieu de tout le battage entourant la testostérone dans sa relation au pouvoir, au sexe et à la performance sportive, voilà enfin une analyse rigoureuse et salutaire.» Steven Pinker

«Un livre essentiel et fascinant.» Nature

« Carole Hooven démontre de manière convaincante le rôle puissant qu’exerce la testostérone sur le corps et le cerveau. Un livre indispensable pour nous sortir de l’ornière idéologique sur le genre. » The Times

«Carole Hooven élargit notre compréhension des processus biologiques façonnés par la testostérone. Un livre clairvoyant, accessible et très pédagogique.» The Wall Street Journal

S’il existe une hormone du corps humain qui évoque immédiatement la virilité́ et suscite de vives polémiques, c’est bien la testostérone. Est-elle l’architecte de la masculinité́ et de notre identité sexuelle ? En s’appuyant sur les dernières recherches scientifiques, Carole Hooven, biologiste évolutionniste, nous entraîne à la découverte de cette puissante hormone. Elle explique comment et pourquoi la testostérone agit sur notre corps et notre cerveau, et quelles en sont les conséquences. Elle montre que la testostérone structure les différences entre les femmes et les hommes et influence nos comportements, nos relations de couple, nos capacités physiques, notre sexualité́, les préférences de jeux de nos enfants, et même nos décisions quotidiennes. En démystifiant les idées reçues sur la testostérone, ce livre captivant nous permet de saisir la véritable essence de la masculinité́ et de la féminité́, au-delà̀ des idéologies sur le genre.

Docteur en biologie évolutive humaine, Carole Hooven est maître de conférences et codirectrice des études de premier cycle du département de biologie évolutive humaine de l’université Harvard. Ses recherches sur les différences entre les sexes et la testostérone lui ont valu de nombreuses distinctions. Son cours sur les hormones et le comportement a été salué comme l’un des dix meilleurs de l’université Harvard.
 


Extrait — Le cerveau est déjà sexué avant la naissance

La testostérone ne se contente pas de masculiniser le corps. Elle organise le cerveau — avant même que l’enfant soit né, avant toute éducation, avant toute socialisation. C’est la thèse centrale de Carole Hooven, biologiste à Harvard, étayée par soixante ans d’expériences et par des cas humains qui rendent le débat impossible à esquiver.

Dans les années 1950, la question était tranchée : les hormones pouvaient agir sur le comportement des animaux adultes, mais le cerveau lui-même était structuré par les gènes et l’expérience vécue — pas par les hormones. Le rôle de la testostérone s’arrêtait aux organes génitaux. Le cerveau, lui, était une ardoise vierge.

C’est en 1959 que l’endocrinologue William Caldwell Young, à l’université du Kansas, publie un article qui va tout changer. Son hypothèse : si la testostérone organise le cerveau des fœtus mâles in utero — si elle structure des circuits neuronaux spécifiques avant la naissance — alors exposer un fœtus femelle à la testostérone devrait prédisposer son cerveau à répondre, des années plus tard, de manière masculine. La testostérone prénatale comme architecte. La testostérone adulte comme détonateur.

L’expérience est menée sur des cobayes femelles exposées à la testostérone in utero. Résultat : à l’âge adulte, lorsqu’on leur administre de la testostérone, elles se comportent comme des mâles. Lorsqu’on leur administre les hormones habituelles de l’œstrus, elles ne répondent pas. Leur cerveau, organisé par la testostérone fœtale, ne peut plus fonctionner comme celui d’une femelle normale. Young en conclut que la testostérone agit deux fois : une première fois avant la naissance pour configurer le cerveau, une seconde fois à l’âge adulte pour l’activer.

Mais est-ce vrai chez l’homme ? Pour le savoir, il faudrait exposer des fœtus humains femelles à la testostérone tout en veillant à ce qu’ils naissent avec l’apparence d’une fille — pour éliminer l’influence de la socialisation genrée. Cette expérience, évidemment impossible à planifier, existe pourtant. La nature l’a réalisée.

En République dominicaine, des enfants biologiquement mâles — dotés de chromosomes XY et de testicules produisant de la testostérone — sont nés avec des organes génitaux d’apparence féminine, en raison d’une mutation génétique rare. Ils ont été élevés comme des filles dans une culture aux rôles de genre particulièrement stricts : les filles cuisinent, vont chercher l’eau, restent à la maison ; les garçons travaillent aux champs, fréquentent les bars, assistent aux combats de coqs. Dès 7 ou 8 ans, les deux groupes ne se mélangent plus.

À la puberté, quelque chose d’inattendu se produit. Le pénis se développe. Les testicules descendent. Et, surtout : la plupart de ces enfants élevés comme des filles commencent à s’identifier comme des garçons — spontanément, sans intervention médicale, contre toute pression sociale. Les villageois les appellent les güevedoces : « testicules à douze ans ».

Lors d’une enquête de la BBC en 2015, l’un d’eux, Johnny — autrefois Felicita — raconte avoir résisté depuis l’enfance à l’obligation de porter une « petite robe rouge » à l’école, préférant jouer au ballon avec les garçons. La mère d’un autre, Carla, en train de devenir Carlos à 7 ans, témoigne : « Lorsqu’elle a eu 5 ans, j’ai remarqué qu’à chaque fois qu’elle voyait un de ses amis garçons, elle voulait se battre avec lui. Ses muscles et son torse ont commencé à se développer. On pouvait voir qu’elle allait devenir un garçon. »

La conclusion de Carole Hooven est sans appel : ces enfants ont reçu in utero, au moment critique du développement cérébral, les mêmes bains de testostérone que n’importe quel fœtus mâle. Leur cerveau a été organisé en conséquence. Des années de socialisation féminine intensive n’y ont rien changé. « La testostérone fabrique des cerveaux de garçons » — et elle le fait avant même que l’enfant ait prononcé son premier mot, joué avec son premier jouet, ou entendu le premier code de genre de sa culture.

Carole Hooven, Testostérone — Toute la vérité sur l’hormone qui nous définit et nous divise, FYP éditions.


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