

Extrait — Mais où sont-ils ?
En 1950, le physicien Enrico Fermi pose lors d’un déjeuner une question qui n’a toujours pas de réponse : si l’univers abrite des milliards d’étoiles depuis des milliards d’années, où sont les extraterrestres ? C’est le paradoxe de Fermi — l’une des questions les plus vertigineuses de la science contemporaine.
La Voie lactée abrite des centaines de milliards d’étoiles et son âge est estimé à 13 milliards d’années. Il y a donc eu beaucoup de temps et d’opportunités pour les civilisations extraterrestres de se développer et de se répandre dans toute la galaxie. Selon certaines estimations, une espèce au tempérament colonisateur, dotée d’une technologie de propulsion à peine plus avancée que la nôtre, pourrait sillonner les quatre coins de la Voie lactée en quelques millions d’années à peine.
Et puis il y eut la découverte fantastique des exoplanètes. Les découvertes du télescope spatial Kepler de la NASA suggèrent que, dans la Voie lactée, environ 20 % des étoiles qui ressemblent au Soleil abritent un monde de la taille de la Terre dans leur « zone habitable » — une zone située à la bonne distance orbitale et qui vous permet de vous promener en tongs à peu près toute l’année. Le plus proche voisin du Soleil, la naine rouge Proxima du Centaure, héberge une planète de la taille de la Terre dans sa zone habitable. Sept planètes rocheuses entourent l’étoile TRAPPIST-1, et trois de ces mondes peuvent être capables d’accueillir la vie telle que nous la connaissons.
Alors, encore une fois, où sont-ils ? Personne ne sait. Le paradoxe de Fermi est plus coriace qu’une noix du Brésil. Les scientifiques ont avancé des centaines d’hypothèses pour l’expliquer, qui se regroupent en trois grandes familles. Première hypothèse : des extraterrestres intelligents sont déjà venus nous rendre visite. Deuxième hypothèse : ils sont là, mais nous ne les avons pas encore trouvés. Troisième hypothèse — la plus déprimante : nous sommes seuls.
La radioastronome Jill Tarter, qui a cofondé l’institut SETI et inspiré le personnage principal du roman Contact de Carl Sagan, s’appuie souvent sur cette analogie pour expliquer l’état de nos recherches : imaginez que vous cherchiez des poissons dans l’ensemble des océans de la planète et que vous pataugiez dans l’écume pour ne sortir qu’un seul verre d’eau de mer. « Si vous faites cette expérience et que votre verre ne contient pas de poisson, vous n’en concluez probablement pas pour autant qu’il n’y a pas de poissons dans l’océan. Eh bien, numériquement, la quantité de recherches SETI que nous avons effectuées pour le moment par rapport à ce que nous pourrions avoir à faire équivaut à ce verre d’eau dans l’océan. »
Nous n’avons pas encore trouvé E.T. Mais nous n’avons presque pas cherché.
Michael Wall, Ailleurs — Guide de la vie extraterrestre, des planètes habitables, de l’antimatière et des voyages dans l’espace, FYP éditions.
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Michael Wall — 224 pages — 22 € — FYP éditions
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