Guerre en mer. Des voiles aux drones, les révolutions du combat naval
Guerre en mer, de Hugo Dufrane, FYP Éditions

Hugo Dufrane

En mer, le combat commence avant le premier tir.

Par un spécialiste des opérations navales de la Marine nationale.
Une trentaine de schémas originaux · 192 pages
En librairie le 16 octobre 2026

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Le combat naval contemporain expliqué de l’intérieur

Un radar permet de voir plus loin, mais son émission peut révéler la présence du navire. Une liaison radio coordonne une flotte, mais elle peut être interceptée. Un missile vise une cible au-delà de l’horizon, tandis que l’équipage dispose parfois de quelques dizaines de secondes pour réagir. Dans la guerre navale, chaque progrès technique transforme aussi les risques.

Avec Guerre en mer, Hugo Dufrane donne les clés de cet affrontement souvent invisible. Officier marinier supérieur de la Marine nationale, spécialiste en guerre électronique, il explique les systèmes, les décisions et les gestes qui permettent à un bâtiment de surveiller, de se protéger et de combattre.

Comprendre le combat naval contemporain

Détecter une menace, l’identifier, transmettre l’information et engager la riposte. Le livre explique comment les radars, les sonars, les missiles et les liaisons de données s’articulent pour permettre au navire de combattre. Les rappels historiques éclairent les ruptures techniques qui ont conduit aux moyens actuels.

À quoi sert un sonar ? Comment un radar distingue-t-il une présence ? Pourquoi plusieurs navires doivent-ils partager leurs informations ? Les explications relient les équipements à leur usage. Une trentaine de schémas originaux accompagne ce parcours, des capteurs aux armes, des communications au brouillage.

Les fonds marins sont aussi un champ de bataille

Sous la surface se trouvent les sous-marins, les mines et les moyens de la dissuasion, mais aussi les câbles qui transportent les communications. Protéger ces infrastructures, surveiller les fonds et comprendre ce qui s’y passe font désormais partie des enjeux de souveraineté.

Le regard s’étend ensuite jusqu’aux satellites, aux drones, à l’intelligence artificielle et au cyber. Hugo Dufrane montre comment le combat naval dépend de moyens dispersés dans plusieurs milieux, et pourquoi la supériorité d’un navire ne se mesure pas à sa seule puissance de feu.

Derrière chaque système, un équipage

Le livre ramène sans cesse la technologie à ceux qui l’utilisent. Une information doit être comprise, une menace identifiée, une avarie maîtrisée. Les quarts se succèdent, la fatigue s’accumule, la promiscuité pèse. L’entraînement, la polyvalence et la confiance entre les marins conditionnent la capacité du navire à remplir sa mission.

Le lecteur comprend à la fois comment fonctionne un bâtiment de guerre et ce qu’il faut à un équipage pour le faire combattre. Les missions et l’organisation de la Marine nationale complètent cette exploration, prolongée par un glossaire, des annexes et une bibliographie commentée.

Découvrir le sommaire
  1. Les navires
  2. La maîtrise du spectre électromagnétique dans le combat naval
  3. Le monde sous-marin
  4. Les hommes de Neptune
  5. La Marine nationale
  6. Le combat naval moderne

Avec un avant-propos, une introduction, une conclusion, des annexes, un glossaire et une bibliographie commentée.

Portrait au trait de Hugo Dufrane

Hugo Dufrane

Hugo Dufrane est officier marinier supérieur de la Marine nationale. Titulaire du Brevet supérieur Opérations, il a accompli de nombreuses missions embarquées et exercé comme chef de quart CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Affecté au Centre d’expertise des programmes navals, il est spécialiste en guerre électronique. Il explique le fonctionnement des radars, des liaisons de données tactiques et des systèmes de détection, de brouillage et de furtivité.

Hugo Dufrane reverse l’intégralité de ses droits d’auteur à l’Entraide Marine-Adosm, qui vient en aide aux familles de marins en difficulté ou endeuillées, aux orphelins et aux blessés de la Marine nationale.

Extrait — La guerre électronique, maîtriser l’invisible

Dans ce passage, Hugo Dufrane explique comment un navire écoute les émissions adverses, cherche à tromper les capteurs et protège sa propre discrétion.

La guerre navale reste souvent associée aux missiles, aux canons ou aux porte-avions. Pourtant, une grande partie du combat moderne se déroule dans un espace invisible : le spectre électromagnétique.

Dans le silence du Central Opérations, les écrans ne montrent pas seulement des navires ou des aéronefs. Ils révèlent un environnement saturé d’ondes, d’émissions radar, de communications et de signaux qu’il faut détecter, identifier et interpréter en permanence.

Poursuivre la lecture de l’extrait

Sur un navire moderne, l’action commence bien avant le tir d’un missile ; elle débute dès qu’un bâtiment cherche à détecter son adversaire sans révéler sa propre position. La guerre électronique repose sur une idée simple, que le titre de l’ouvrage du général Siffre résume à la perfection : celui qui maîtrise les ondes maîtrise le monde.

La guerre électronique se divise généralement en trois grands domaines complémentaires : le renseignement électromagnétique (ESM), les contre-mesures électroniques (ECM) et la protection électronique (EPM).

Le premier domaine est le renseignement électromagnétique, souvent désigné par l’acronyme ESM (Electronic Support Measures). Son objectif est de surveiller l’environnement électromagnétique afin d’identifier les émissions adverses. Chaque radar et chaque radio (y compris les liaisons de données tactiques) possède une signature propre, comparable à une empreinte technique. Les capteurs passifs installés sur les navires permettent ainsi d’intercepter des émissions parfois bien au-delà de la portée des radars classiques. Détecter ne suffit cependant pas : encore faut-il empêcher l’adversaire d’utiliser efficacement ses propres équipements. À ce stade, quelques secondes peuvent suffire à faire la différence entre l’évitement d’une menace et un impact direct sur le bâtiment.

Le deuxième domaine est celui des contre-mesures électroniques, ou ECM (Electronic Counter Measures). Lorsque l’adversaire détecte le navire, il devient nécessaire de perturber ses capteurs ou de tromper ses systèmes. Le brouillage agit par force brute ou par injection de données pour masquer la véritable position du navire : il sature le radar ennemi sous un bruit électromagnétique ou crée des nuages de fausses cibles pour empêcher la localisation exacte du navire. À l’inverse, le leurrage est une technique de séduction tactique : il n’empêche pas le radar ou le missile de voir, mais il déploie une cible fictive, radar ou thermique, plus attractive pour détourner la menace loin du bâtiment réel. L’affrontement oppose alors les capacités de détection aux techniques de déception électronique.

Enfin, la protection électronique, appelée EPM (Electronic Protective Measures), vise à préserver les propres capacités du navire. Les systèmes doivent limiter leurs émissions afin de réduire leur signature électromagnétique. Cela se matérialise par le plan EMCON (Emission Control), une posture opérationnelle qui réglemente ou coupe totalement les radars et les radios du bord selon le niveau de discrétion requis. En coupant ses émissions, un navire devient alors une véritable « tombe » électromagnétique pour éviter d’être repéré à longue distance. Il continue cependant à recevoir les informations de son environnement grâce à sa capacité passive d’écoute et de connexion aux LDT, qu’il peut juste recevoir sans intervenir sur le réseau. La protection électronique ne relève pas seulement des opérateurs du central opérations. Elle concerne l’ensemble de l’équipage, car le moindre téléphone portable ou la moindre application mobile peut aujourd’hui révéler une position.

Lorsqu’un missile est détecté, tout s’accélère brutalement. À plusieurs centaines de mètres par seconde, le temps de réaction se compte parfois en dizaines de secondes. Les systèmes de guerre électronique cherchent alors à perturber l’autodirecteur du missile afin de le détourner de sa cible à l’aide des brouilleurs. Des leurres sont également déployés pour imiter la signature radar ou thermique du bâtiment. L’objectif est simple : faire croire au missile qu’une autre cible est plus intéressante que le navire lui-même. À cet instant, la survie du navire dépend surtout de la capacité des équipes à tromper le missile.

Malgré l’automatisation croissante, les décisions restent prises par des marins. Servir dans le domaine de la guerre électronique, c’est apprendre à combattre un adversaire que l’on ne voit jamais directement. Les intentions se lisent à travers des impulsions radar, des émissions inhabituelles ou des variations presque imperceptibles sur les écrans du Central Opérations.

Dans un espace saturé de signaux, la difficulté ne consiste pas seulement à détecter une menace potentielle, mais à comprendre ce qu’elle signifie réellement. Une émission inhabituelle peut annoncer un exercice, un aéronef civil ou le début d’une attaque. Elle requiert donc une pleine implication des marins de cette spécialité, qui doivent se tenir continuellement informés des évolutions technologiques.

Hugo Dufrane, Guerre en mer, extrait de « La guerre électronique : maîtriser l’invisible », p. 64–66. © Hugo Dufrane / FYP Éditions.

Guerre en mer
Comprendre le combat naval contemporain, ses technologies et ses équipages.
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Guerre en mer. Des voiles aux drones. Les révolutions du combat naval
Hugo Dufrane
Livre broché · 192 pages · Une trentaine de schémas originaux
ISBN 978-2-36405-287-1 · FYP Éditions
Parution en librairie le 16 octobre 2026