Hériter du futur. Chroniques d’un pionnier du numérique dans le domaine de la santé
Hériter du futur. Chroniques d’un pionnier du numérique dans le domaine de la santé, de Gérard Taieb

Gérard Taieb

Cinquante ans de révolutions technologiques, racontés par le fondateur de CEGI.

Livre broché · 224 pages
En librairie le 2 octobre 2026

18 € TTC · Prix de lancement

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Il faut de la force pour bâtir. Il en faut parfois davantage encore pour passer le relais sans amertume.

Gérard Taieb, Hériter du futur

Une vie qui aurait pu ne pas commencer

Et si Rommel avait remporté la bataille d’El-Alamein ? Gérard Taieb ouvre son récit sur cette hypothèse vertigineuse. Né dans une famille juive à Tunis en 1943, il mesure ce que son existence doit aux événements qui ont précédé sa naissance. Avant les logiciels et l’entreprise, il y a cette conscience du hasard, des origines et de la fragilité d’une vie.

L’enfance tunisienne, le départ pour la France en 1961, les études d’ingénieur, puis les premières expériences chez IBM et Pechiney dessinent un parcours fait de déplacements et d’apprentissages. À travers une histoire personnelle, Hériter du futur fait revivre un monde qui change : celui d’une génération qui découvre l’informatique et va contribuer à en transformer les usages.

Entreprendre, durer et rester libre

En 1976, Gérard Taieb fonde CEGI. Les premiers logiciels servent à traiter la comptabilité et la paie. On loue des heures de calcul sur de grands ordinateurs IBM, on saisit les données sur des cartes perforées, on écrit les programmes le soir. Le livre restitue cette aventure à hauteur d’atelier : trouver ses premiers clients, recruter, organiser le travail et avancer sans être assuré du succès.

Au fil des décennies, l’entreprise se développe dans les secteurs de la santé et du médico-social. Les besoins des établissements, les évolutions techniques et les choix de gestion donnent au récit sa matière concrète. Comment grandir tout en gardant la maîtrise de ses décisions ? Gérard Taieb raconte les acquisitions, les sollicitations financières et les arbitrages par lesquels il a défendu l’indépendance de son groupe.

Ce que l’on transmet après avoir bâti

La transmission traverse le livre. Que reçoit-on de ses parents, d’un pays quitté, d’une formation ? Que laisse-t-on à ses enfants et à celles et ceux qui poursuivront l’entreprise ? Gérard Taieb revient sur ses engagements, sur la place prise par le travail dans sa vie et sur les absences qu’il a parfois imposées à ses proches. Passer le relais suppose aussi de laisser aux autres la liberté de faire autrement.

Des débuts de l’informatique à l’intelligence artificielle, cette autobiographie relie l’histoire d’une famille à celle d’une transformation technologique majeure. Elle s’adresse aux lecteurs de récits de vie, aux entrepreneurs et aux professionnels de la santé qui veulent comprendre comment se construisent, dans la durée, des outils, une entreprise et une manière d’envisager l’avenir.

Gérard Taieb

Né à Tunis en 1943, Gérard Taieb est ingénieur de formation et fondateur du groupe CEGI, créé en 1976. Après ses premières expériences chez IBM et Pechiney, il développe une entreprise de logiciels qui se spécialise dans les secteurs de la santé et du médico-social.

Chevalier de la Légion d’honneur depuis 2013, il défend une conception de l’entreprise fondée sur l’indépendance, la continuité et la transmission. Dans Hériter du futur, il revient sur son itinéraire familial et professionnel et sur cinquante ans de transformations numériques.

Extrait — Le vertige de l’indépendance

Au moment de quitter Pechiney, Gérard Taieb lance une activité d’informatique pour les cabinets comptables. Il raconte ses premiers pas d’entrepreneur.

Quels furent donc les commencements de mon entreprise ? L’idée mûrissait depuis un certain temps déjà, nourrie par les relations solides que j’entretenais avec plusieurs experts-comptables, dont mon propre frère et ses associés, lesquels m’ont aidé à m’introduire dans ce monde. Je pense tout particulièrement à Sylvain Sitbon et à sa femme Michelle, avec lesquels j’ai entretenu par la suite des liens amicaux. Leur métier les mettait en contact direct avec un tissu dense de petites et moyennes entreprises, qu’ils accompagnaient dans la gestion de leur comptabilité et de leur paie. C’est là que germa mon intuition : proposer un service d’informatisation de ces tâches répétitives, en concevant un logiciel capable de traiter les écritures comptables manuelles et de les transformer en grands livres, balances, bulletins de salaire. Une idée simple, radicalement nouvelle à l’époque.

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On parlait encore de traitement à façon. Les experts-comptables me remettaient des carnets remplis d’écritures manuscrites, achats, ventes, charges sociales, écritures de régularisation, que le logiciel transformait en documents exploitables et normés. Le développement de ce logiciel, auquel je participais en tandem avec un informaticien, était hébergé sur des ordinateurs centraux IBM, ces gros ordinateurs aux dimensions gigantesques. Nous n’en possédions pas, bien sûr. Je louais du temps-machine, achetais des heures de calcul et de traitement, que je rentabilisais au mieux.

Le travail de saisie, lui, se faisait à la main, grâce à une équipe que je recrutais peu à peu. D’abord dans un minuscule local du 17e arrondissement, je recrutai six ou sept opératrices de saisie, extrêmement rapides et précises, capables de retranscrire des milliers de lignes comptables en cartes perforées, puis en bandes magnétiques. C’était un savoir-faire étonnant, un métier aujourd’hui disparu, et pourtant à l’époque absolument central. Ces bandes, lues par les machines, alimentaient les programmes que nous écrivions. Chaque jour, des montagnes de données passaient entre leurs doigts, dans un ballet minutieux que nous devions contrôler avec soin dans un système de double saisie, car la moindre erreur pouvait compromettre l’ensemble du traitement.

Entouré d’une petite équipe performante, j’étais à la fois développeur, commercial et recruteur. Le soir, je codais avec mon informaticien. La journée, je démarchais des experts-comptables, je gérais l’équipe et j’optimisais les plannings. Pour faire tourner l’atelier, nous avions recruté des étudiants qui venaient agrafer les grands livres, assembler les bulletins de paie et les livrer, parfois en vélo ou en voiture, aux cabinets comptables. Martine, qui débutait déjà sa brillante carrière dans l’audiovisuel, venait passer l’aspirateur une fois par semaine, parce que je n’avais pas les moyens d’employer une femme de ménage. C’était artisanal, intense, et je sentais que je construisais quelque chose.

Lorsque je quittai Pechiney, je n’étais pas encore assuré du succès, mais j’avais réussi mon tuilage : j’avais déjà une base de clients, je commençais à structurer une offre, à piloter une équipe. Je ne plongeais pas dans le vide, tout en quittant clairement le confort pour l’inconnu. Les débuts furent lents. Il fallut des mois pour écrire les premiers logiciels, convaincre les premiers partenaires, organiser la production. Peu à peu, tout s’ordonna. Ce qui avait commencé comme un bricolage intelligent devint opérationnel. Ce système structura les premières années de l’entreprise et me permit d’avancer, un pas après l’autre, vers une vraie activité indépendante.

Gérard Taieb, Hériter du futur, chapitre 3, « Sortir du cadre », section « Le vertige de l’indépendance », FYP Éditions.

Hériter du futur — 18 € TTC au prix de lancement
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Offre exclusive sur la boutique en ligne FYP Éditions, valable jusqu’au 2 octobre 2026 inclus.

Hériter du futur. Chroniques d’un pionnier du numérique dans le domaine de la santé
Livre broché · 224 pages · 15 × 22 cm
ISBN 978-2-36405-283-3 · FYP Éditions
Parution en librairie le 2 octobre 2026 · Prix public à parution : 23 €