

Extrait — Préface écrite depuis Brooklyn, mai 2020
Bryan Walsh a écrit ce livre pour alerter l’humanité sur les risques existentiels qu’elle refuse de voir. Il l’a terminé sans imaginer qu’au moment de sa parution, l’une de ces menaces serait déjà là. Cette préface, écrite depuis sa cuisine à Brooklyn pendant le confinement, est un document historique singulier.
J’écris cette préface depuis ma cuisine, à Brooklyn. De ma fenêtre, j’aperçois la ville de New York qui montre son visage printanier. Les arbres commencent à bourgeonner et l’air sort de sa torpeur hivernale. Au premier abord, tout semble normal. Jusqu’à ce que j’ouvre ma fenêtre et que je n’entende rien. Ni les klaxonnements incessants des voitures, ni le bourdonnement frénétique des New-Yorkais obsédés par leurs carrières. Rien, si ce n’est le hurlement des sirènes des ambulances, de jour comme de nuit. New York montre son visage à l’époque du coronavirus.
J’ai écrit ce livre parce que l’humanité n’est pas préparée aux risques existentiels — ces catastrophes mondiales, d’origine naturelle ou humaine, qui pourraient menacer notre monde. Par définition, les risques existentiels sont rares. Et comme ils sont rares, nous préférons les ignorer, comme si nous voulions chasser de notre esprit un cauchemar dès notre réveil. Mais improbable ne signifie pas impossible. Je voulais que les lecteurs prennent conscience des dangers réels auxquels nous sommes confrontés et qui pourraient mettre fin à notre avenir sur Terre. Car on ne peut commencer à prendre des mesures pour nous prémunir des dangers et survivre que si l’on comprend ces risques existentiels.
Mais je n’aurais jamais imaginé qu’au moment de publier Le guide des fins du monde, nous serions confrontés à l’une des menaces existentielles décrites dans ce livre.
C’est ce dont nous devons prendre conscience. Pour bon nombre des menaces dépeintes dans ce livre — les astéroïdes qui tuent les planètes, les supervolcans, le soulèvement de l’intelligence artificielle —, il n’y a pas de véritable réponse après coup. Ces catastrophes seraient si colossales, si destructrices, qu’il n’y aurait pas de retour en arrière possible. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un peu plus de sagesse, en tout cas plus que ce dont nous avons fait preuve jusqu’à présent.
Si le Covid-19 a été le coup de semonce préfigurant une menace plus grande, nous nous trouvons dans une situation plus grave que je ne le pensais. Un virus traverse facilement les frontières, mais face à cette pandémie, la réponse la plus commune — et inutile — a été d’interdire les voyages internationaux. Comment pourrions-nous nous attaquer à un véritable risque existentiel, qui pourrait menacer l’avenir de l’humanité, pas seulement notre économie ?
Le sens moral nous appelle à faire ce que nous pouvons pour sauver une vie. Mais ne devrions-nous pas être encore plus motivés à protéger les générations futures ? Si nous considérons l’avenir dans sa globalité, les enjeux de ce que nous faisons ou ne faisons pas aujourd’hui deviennent énormes. Nous pourrions avoir des milliers, des dizaines de milliers, voire des millions d’années de civilisation devant nous. Mais cet avenir dépend de nous, qui vivons le moment présent.
Je conclus cet ouvrage sur une touche d’espoir, confiant que notre espèce, malgré tous ses défauts, ne se contentera pas d’endurer, mais qu’elle l’emportera. Aujourd’hui, à l’époque du coronavirus, j’ai toujours espoir. Mais je dois admettre que ma confiance a été ébranlée.
Bryan Walsh, Brooklyn, mai 2020.
Le guide des fins du monde — FYP éditions.
Commander Le guide des fins du monde
Bryan Walsh — 336 pages — FYP éditions
« Un récit poignant sur toutes menaces qui pourraient entraîner l’extinction de l’humanité dans un avenir pas si lointain. »