Le progrès contre les femmes. Comment le progressisme s’est retourné contre les femmes
Mary Harrington

« Stimulant et provocateur. Vous ne lirez rien de comparable. »
Kathleen Stock
 Lumineux et profond. Mary Harrington dit tout haut ce que beaucoup n’osent même plus penser. »
Helen Joyce

EAN 13 : 978-2-36405-257-4
312 pages
24 €

« Un livre érudit et plein d’esprit. Parfois dérangeant, mais toujours porteur d’espoir. » Patrick J. Deneen (Pourquoi le libéralisme a échoué, Les éditions de l’Homme Nouveau)

« Stimulant et provocateur. Vous ne lirez rien de comparable. » Kathleen Stock (Material Girls, L’Artilleur)

 Lumineux et profond. Mary Harrington dit tout haut ce que beaucoup n’osent même plus penser. » Helen Joyce (Trans : quand l’idéologie rencontre la réalité, L’Artilleur)

Et si le progrès n’avait pas libéré les femmes, mais préparé leur effacement ?
Depuis un demi-siècle, le féminisme dominant s’est aligné sur les promesses d’un monde sans contraintes : culte de l’autonomie absolue, fluidité identitaire, croyance aveugle dans les technologies. Peu à peu, il s’est détourné des réalités corporelles, de la maternité, des liens affectifs, familiaux et sociaux qui ont, de tout temps, structuré la vie des femmes.
Dans cet essai incisif et captivant, Mary Harrington mobilise son expérience intime de la maternité pour montrer que la prétendue libération portée par le féminisme technoprogressiste n’est pas le fruit d’un progrès moral, mais une conséquence matérielle de la révolution industrielle. Aujourd’hui, sous l’effet du technolibéralisme, le progrès est devenu un processus de déracinement, de dissolution et de déconstruction permanente qui n’a plus rien d’émancipateur. Il s’est retourné contre les femmes : il marchandise leur corps et exploite leur vulnérabilité. Face à cette dérive, Mary Harrington ouvre une voie radicalement nouvelle : celle d’un féminisme enraciné dans le réel, assumant pleinement le corps et ses réalités biologiques, valorisant la maternité, les ancrages affectifs, familiaux et sociaux.
Un livre choc qui brise les dogmes du féminisme contemporain. Il fait entendre une voix nouvelle, et nous invite à repenser ce que signifie aujourd’hui être femme.

Mary Harrington est essayiste et chroniqueuse britannique. Issue de la gauche progressiste, elle s’est imposée comme l’une des voix majeures de la critique du féminisme contemporain, en dénonçant notamment la dissociation entre le corps et l’identité, et la marchandisation du corps des femmes. Ses travaux interrogent les effets du technolibéralisme sur la condition féminine.


Extrait — Le lien que la biologie ne peut pas effacer

Après la naissance de sa fille, Mary Harrington découvre un phénomène biologique que la plupart des femmes ignorent — et qui remet en cause toute une idéologie.

Après la naissance de ma fille, j’ai été saisie par le besoin impérieux de veiller sur elle : un besoin charnel, aussi ancien que puissant, au point qu’on en trouve trace dans l’Ancien Testament.

La grossesse modifie en profondeur le système neurologique. Elle augmente durablement la perception des signaux émis par les nourrissons, un phénomène de « sensibilisation » qui rend les mères particulièrement attentives aux besoins des bébés. L’accord entre une mère et son nourrisson est profond et instinctif : certaines études ont montré qu’une mère peut reconnaître son propre enfant simplement en lui caressant la main.

Et ce lien mère-enfant s’exprime dans la moindre de leurs cellules. La croissance du placenta est invasive. Les cellules placentaires sont comme « des loups affamés qui attaquent les artères de la femme enceinte », afin d’accéder à son système sanguin. Et cette invasion continue après l’accouchement : l’ADN de l’enfant reste présent dans le corps de la mère, parfois pendant des années — un phénomène appelé microchimérisme fœtal et maternel.

Pendant la grossesse, mais également longtemps après, ces cellules peuvent repérer et réparer certaines lésions dans le corps maternel. Elles ont été retrouvées dans des tissus cicatriciels, et ont même permis de reconstruire un lobe entier de foie d’une femme.

Le plus bouleversant étant que cet enfant avait été avorté.

Ce phénomène peut aussi être lu comme une métaphore de l’interdépendance physiologique et affective entre une mère et son enfant. Avant même la naissance, le fœtus réagit aux stimuli physiologiques de la mère. Et l’inverse est également vrai.

Voici donc l’élément déclencheur qui a transformé la jeune femme « indépendante » que j’étais en mère totalement investie : un effacement progressif des frontières de la libre subjectivité et de l’autonomie, difficile à décrire, mais enraciné dans les transformations du corps provoquées par la grossesse. Et voici, du même coup, que cela vient troubler l’idéologie du néo-féminisme — cette doctrine qui repose sur une idée du progrès conçue comme une extension constante des libertés, y compris la volonté de se libérer de toute contrainte que le corps impose à l’expérience humaine.

Mary Harrington, Le progrès contre les femmes, FYP éditions, 2025.


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